Maison Joseph DrouhinMaison Joseph Drouhin
Maison Joseph Drouhin

Dans les vignes

22.09.2016
2016 : une année de forts contrastes

L'année culturale 2016 nous a mis à rude épreuve.
L'hiver 2015/2016 a été plutôt doux et humide et la vigne a débourré fin mars début avril. C'est une année un peu tardive qui se compare à 2013.
Le 13 avril un orage de grêle de grande amplitude a touché le Mâconnais et le Beaujolais, en particulier sur les secteurs de Saint-Véran, Pouilly-Fuissé, Moulin-à-Vent, Saint-Amour et Fleurie.
Le 27 avril la température a brutalement baissé en 3 heures, passant de +2°C à -2°C, voire -6°C dans le vignoble bourguignon. 7 000 hectares sont touchés. Le gel a fait des dégâts considérables dans certains secteurs, comme Chablis et le Mâconnais. Les vignes avaient poussé de plusieurs centimètres. Les bourgeons et les feuilles ont été grillés et parfois même les contre-bourgeons.

Le mois d'avril est également marqué par une pression exceptionnellement forte du mildiou. Ce n'est qu'à fin mai que les éléments contaminateurs vont se réduire.
A la fin de cette période le cumul pluviométrique sur Beaune dépasse de 70% la normale, avec un total de 500 mm, c'est considérable.
Les vignes gelées ont néanmoins repoussé et là aussi avec des situations assez contrastées. Certaines ont produit une nouvelle génération de raisins, d'autres que du feuillage.
Le 13 mai un nouvel orage de grêle affecte le vignoble chablisien. 400 à 500 hectares sont touchés à des degrés très divers. Notre domaine, situé au cœur de l'appellation, n'est pas touché. Il l'avait déjà été par la nuit de gel.
Le mois de juin a démarré plutôt fraîchement mais la 2ème quinzaine apporte le grand beau et le grand chaud. La floraison va se dérouler en quelques jours et finir à une date tardive, similaire à 1995.

Les mois de juillet et août continuent avec une météo extrêmement estivale : très lumineux, chaud, avec cette fois-ci un déficit pluviométrique ; cependant les réserves d'eau étaient suffisantes et la vigne, avec la lumière et la chaleur estivale, va pousser très vite.

Début septembre on en viendrait presque à dire qu'il y a un peu de sécheresse !
Les visites dans les vignes montrent que les peaux des Pinots Noirs sont épaisses, qu'il y a du millerand un peu partout ; l'état sanitaire est satisfaisant.
Il est difficile d'estimer quels vont être les rendements car, une fois encore, les situations sont très hétéroclites mais nous tenons potentiellement un très joli millésime dans les mains malgré toutes nos difficultés de l'année.

Frédéric DROUHIN
20 septembre 2016